Nouveaux venus ou talents confirmés, ils incarnent le futur du grand écran français aux côtés de ceux qui sont désormais incontournables, comme Audrey Tautou, Romain Duris, Ludivine Sagnier ou Benoît Magimel. Présentation d’une nouvelle vague pleine de promesses.
Mélanie Thierry : l’ange blond (26 ans)
Élodie Bouchez : l’aventurière (34 ans)
Aïssa Maïga : l’assurance d’une princesse (33 ans)
Julie Depardieu : la fille d’à côté (34 ans)
Gilbert Melki : une mâle assurance (49 ans)
Gaspard Ulliel : le blond ténébreux (23 ans)
Malik Zidi : le mystère fragile (32 ans)
Louis Garrel : pitre lunaire (24 ans)
Anna Mouglalis : le feu sous la glace (29 ans)
Marina Hands : l’émotion classique (30 ans)
Mélanie Laurent : discrète et inoubliable (24 ans)
Jean-Paul Rouve : le caméléon (40 ans)
Alice Taglioni : drôlement belle (30 ans)
Emma de Caunes : la touche-à-tout (31 ans)
Marie-Josée Croze : à fleur de peau (37 ans)
Fu’ad Ait Aattou : l’ange brun (28 ans)
Guillaume Depardieu : le fils prodigue (36 ans)
Gad Elmaleh : l’homme orchestre (36 ans)
Kad Merad : comique et sensible (43 ans)
Mélanie Thierry : l’ange blond (26 ans)
D’abord mannequin à la candeur enfantine, elle s’impose rapidement sur le grand écran dans la comédie Quasimodo d’el Paris(1999), une adaptation très libre de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo. Également applaudie au théâtre en 2006, elle bouleverse par sa sensibilité et sa fragilité à fleur de peau. Elle sera bientôt la vedette de l’ambitieux film de science-fiction de Mathieu Kassovitz (le réalisateur de La Haine), Babylon A.D., sur les écrans en 2008, avec Michelle Yeoh, Charlotte Rampling, Gérard Depardieu et Lambert Wilson.
Élodie Bouchez : l’aventurière (34 ans) 
Grand espoir du cinéma français à la fin des années 90, révélée par Les Roseaux sauvagesd’André Téchiné (1994) et Le Péril jeunede Cédric Klapisch (1995), c’est une comédienne entière qui aime prendre des risques et se livre corps et âme dans ses rôles. Prix d’interprétation au Festival de Cannes avec Natacha Régnier, en 1998, pour son personnage de jeune marginale dans La Vie rêvée des angesd’Erick Zonca, elle travaille aujourd’hui entre Paris et Los Angeles. Alternant films d’auteur (Too Much Fleshde Jean-Marc Barr…), grosses productions françaises (Brice de Niceavec Jean Dujardin) et séries américaines en vue (The L World, Alias), elle a retrouvé en 2007 une place de choix dans le cinéma hexagonal en multipliant les rôles dans des comédies grand public. Elle sera bientôt à l’affiche du premier film des comiques Éric Judor et Ramzy Bedia, Seuls Two.
Aïssa Maïga : l’assurance d’une princesse (33 ans)
Révélée au grand public par Cédric Klapisch dans Les Poupées russes (la suite de L’Auberge espagnole, avec Romain Duris), cette Parisienne d’origines malienne et sénégalaise a séduit ces dernières années, par sa fraîcheur et sa maturité, les réalisateurs les plus variés, de Michael Haneke dans Caché(2005), avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil, à Abderrahmane Sissako dans Bamako(2006), en passant par Claude Berri dans L’un reste, l’autre part (2005) ou le film collectif Paris je t’aime(2006). Nominée aux Césars comme meilleur espoir féminin en 2007, elle retrouve Romain Duris à l’affiche d’une comédie enlevée sur le couple moderne, L’Âge d’homme. Elle présentera en 2008 sa première réalisation, Il faut quitter Bamako.
Julie Depardieu : la fille d’à côté (34 ans) 
La fille de Gérard Depardieu a su, grâce à son talent singulier, se faire un nom. Après avoir débuté aux côtés de son père dans Le Colonel Chabert d’Yves Angelo (1994), avec Fanny Ardant, elle multiplie les rôles discrets ou décalés, devenant une figure familière du cinéma français. Elle explose en 2004 dans La Petite Lilide Claude Miller, avec Ludivine Sagnier, raflant deux Césars, celui du meilleur espoir et celui du meilleur second rôle. Sollicitée depuis de toutes parts, elle a de nouveau marqué les esprits en 2007 dans Les Témoinsd’André Téchiné, sur l’apparition du sida dans les années 80, avec Sami Bouajila, Michel Blanc et Emmanuelle Béart. Elle est à l’affiche d’Un secretde Claude Miller, avec Cécile de France et Patrick Bruel, et sera l’une des résistantes pendant la Seconde Guerre mondiale des Femmes de l’ombrede Jean-Paul Salomé, en 2008, avec Sophie Marceau et Marie Gillain.
Gilbert Melki : une mâle assurance (49 ans)
Un temps coincé dans des personnages de pieds-noirs exubérants après le succès deLa vérité si je mens !de Thomas Gilou (1996), il s’est patiemment fait une place dans le cinéma d’auteur français, avec une présence physique ambiguë, à la fois rassurante et inquiétante. Deux fois partenaire de Catherine Deneuve dans Au plus près du paradisde Tonie Marshall (2002), puis dans Les temps qui changentd’André Téchiné (2004), il a été acclamé en 2007 pour son rôle de psychiatre harcelé par une jeune déséquilibrée dans Anna Mde Michel Spinosa, avec Isabelle Carré. Il sera bientôt à l’affiche de deux films noirs.
Gaspard Ulliel : le blond ténébreux (23 ans) 
Révélé dans la comédie Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, en 2002, puis remarqué dans Les Égarés d’André Téchiné (2003), avec Emmanuelle Béart, il a, depuis, connu une ascension fulgurante. Ce jeune homme au visage d’ange balafré et à la beauté androgyne a remporté, en 2005, le César du meilleur espoir pour Un long dimanche de fiançaillesde Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou. Après une apparition troublante dans le sketch de l’Américain Gus Van Sant pour Paris je t’aime(2006), il a décroché, en 2007, aux États-Unis, le rôle très convoité d’Hannibal Lecter, le fameux tueur cannibale du Silence des agneaux. Il tourne en ce moment, en Nouvelle-Zélande, The Vintner’s Luckde Niki Caro.
Malik Zidi : le mystère fragile (32 ans)
De père algérien et de mère française, il est repéré en 2002 par François Ozon (le réalisateur de 8 Femmes) qui lui confie son premier rôle dans une adaptation d’une pièce de Fassbinder, Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, qui révèle également Ludivine Sagnier, et qui lui vaut une nomination pour le César du meilleur espoir masculin. Teint pâle et regard énigmatique, il reste fidèle au cinéma d’auteur (notamment à André Téchiné), malgré quelques apparitions dans des films grand public comme Jacquou le Croquant en 2006. Il a remporté, en 2007, le César du meilleur espoir masculin et prépare Mariage avec mon filsde Pierre Berecz, avec Michel Jonasz.
Louis Garrel : pitre lunaire (24 ans) 
Issu d’une famille d’acteurs et fils du réalisateur Philippe Garrel, il se fait connaître en 2003 dans The Dreamers de l’Italien Bernardo Bertolucci, aux côtés d’Eva Green et de Michael Pitt, puis décroche le César du meilleur espoir masculin en 2005 pour Les Amants réguliers, réalisé par son père. À la fois grave et burlesque, lunaire et farouche, on le compare souvent à Jean-Pierre Léaud, son parrain dans la vie. Après plusieurs rôles sulfureux, il a bouleversé les salles obscures en 2007 dans une comédie musicale acclamée par la critique, Les Chansons d’amour, de Christophe Honoré, avec Ludivine Sagnier et Chiara Mastroianni. Il est à l’affiche d’Actrices, le second film de et avec Valeria Bruni-Tedeschi, et tourne actuellement Le Sens de la nuitde Raoul Ruiz, avec Asia Argento.
Anna Mouglalis : le feu sous la glace (29 ans)
Comédienne de théâtre depuis une dizaine d’années, cette grande brune à la voix suave a été lancée au cinéma par Claude Chabrol dans Merci pour le chocolat(2000), avec Isabelle Huppert. Figure d’un cinéma d’auteur européen exigeant (on l’a notamment vue en call-girl intègre dans Romanzo criminalede l’Italien Michele Placido), elle devient en 2003 l’égérie de la maison Chanel. Sophistiquée, tour à tour froide et sensuelle, elle a touché le grand public grâce à son interprétation subtile de l’écrivaine et intellectuelle Simone de Beauvoir, compagne de Jean-Paul Sartre, dans un téléfilm, Les Amants du Flore (2006). Elle est à l’affiche de J’ai toujours rêvé d’être un gangster(2007) de son compagnon Samuel Benchetrit.
Marina Hands : l’émotion classique (30 ans) 
César de la meilleure actrice 2007 pour Lady Chatterley, de Pascale Ferran, elle a été, avec son jeu naturel et touchant, la grande révélation de l’année. Formée à l’art dramatique entre Paris et Londres, ancienne pensionnaire de la Comédie -Française*, elle a multiplié les seconds rôles marquants chez Denys Arcand (Les Invasions barbares, 2003), Guillaume Canet (Ne le dis à personne, 2006) ou Julian Schnabel (Le Scaphandre et le papillon,présenté au Festival de Cannes en 2007). Figure libre et authentique à la beauté un peu » rétro « , elle a été choisie pour incarner la grande couturière Coco Chanel dans Coco & Igorde William Friedkin.
Mélanie Laurent : discrète et inoubliable (24 ans)
Révélée en 2002, en même temps que Gaspard Ulliel, dans Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, elle n’a vraiment éclaté au grand jour qu’à partir de 2005. Une apparition dans De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard (le réalisateur de Sur mes lèvres) et, surtout, le premier rôle, intense et bouleversant, de Je vais bien, ne t’en fais pasde Philippe Lioret, en 2006, l’imposent comme l’une des actrices les plus touchantes de sa génération. Elle sera à l’affiche de pas moins de six films dans les mois à venir, dont Paris,le prochain long métrage de Cédric Klapisch, et L’Amour cachéd’Alessandro Capone, avec Isabelle Huppert et Greta Scacchi.
Jean-Paul Rouve : le caméléon (40 ans) 
Ancien membre d’une troupe comique (Les Robins des bois), qui revisitait l’Histoire de France à la télévision, il obtient la reconnaissance du monde du cinéma en 2003 en décrochant le César du meilleur espoir masculin pour Monsieur Batignole,de Gérard Jugnot. Depuis, passant aisément du drame à la comédie, souvent triste clown, il enchaîne les succès, notamment avec La Mômed’Olivier Dahan (2007), où il incarne le père d’Édith Piaf, et La Jeune Fille et les loupsde Gilles Legrand, avec Laetitia Casta et Stefano Accorsi. Il prépare sa première réalisation, Sans armes, ni haine, ni violence.
Nicolas Cazalé : le jeune premier (30 ans)
Mannequin et acteur, il fait sa première apparition marquante dans une adaptation française télévisée du célèbre roman Robinson Crusoé. D’origine algérienne, il décroche des rôles dans Les Chemins de l’oued de Gaël Morel, en 2003, et, surtout, Le Grand Voyage d’Ismaël Ferroukhi, en 2004. Séducteur inquiétant dans le thriller UV,avec Laura Smet, en 2007, il incarne un jeune homme taiseux dans Le Fils de l’épicier d’Éric Guirado.
Alice Taglioni : drôlement belle (30 ans) 
Devenue actrice alors qu’elle se destinait à la musique, cette pianiste de formation s’est essayée à tous les genres, du fantastique (Brocéliande, 2002) au thriller, avant de trouver dans la comédie un terrain idéal à l’expression de son charme et de sa fantaisie. Avec un physique de mannequin allié à un vrai tempérament de comédienne, elle se révèle au grand public en 2006 dans La Doublure de Francis Veber (le réalisateur du Dîner de cons), avant d’embarquer, un an plus tard, pour L’Île au trésor. Elle a trois films en préparation, dont celui de Jean-Paul Rouve, Sans armes, ni haine, ni violence.
Emma de Caunes : la touche-à-tout (31 ans)
Issue d’une famille de gens du spectacle, elle se voit attribuer, dès son premier grand rôle dans Un frèrede Sylvie Verheyde (1997), le César du meilleur espoir féminin. Depuis, elle partage sa carrière entre la comédie et le cinéma d’auteur, chez Christophe Honoré (Ma mère, 2004, avec Louis Garrel) ou Michel Gondry (La Science des rêves, 2006, avec Charlotte Gainsbourg). Tour à tour drôle, séductrice et juvénile, elle a été la pétillante partenaire des Vacances de Mr. Bean en 2007. On la retrouvera dans L’Âge des ténèbres du Canadien Denys Arcand, aux côtés notamment de Diane Kruger.
Marie-Josée Croze : à fleur de peau (37 ans) 
Cette Québécoise a conquis le public français en 2003 dans le film du Canadien Denys Arcand, Les Invasions barbares, pour lequel elle a reçu le Prix d’interprétation féminine à Cannes. Elle interprète souvent des personnages blessés et fragiles, mais s’essaye à tous les genres. En 2006, elle apparaît dans Munich, de Steven Spielberg, et hante le thriller sentimental Ne le dis à personne, du comédien Guillaume Canet, avec François Cluzet, dont elle incarne le grand amour disparu. Elle était en 2007 au Festival de Cannes avec Le Scaphandre et le papillon, de Julian Schnabel, avec Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner, et on la retrouvera prochainement dans Deux jours à tuerde Jean Becker (le réalisateur de L’Été meurtrier).
Fu’ad Ait Aattou : l’ange brun (28 ans)
La jeune carrière cinématographique de ce mannequin, effigie du parfum Cinéma d’Yves Saint Laurent, auparavant apparu au théâtre, ne comporte pour l’instant qu’un seul film, présenté au Festival de Cannes en 2007 : Une vieille maîtressede Catherine Breillat (réalisatrice de Romance), d’après une nouvelle de Barbey d’Aurevilly. Sa beauté charnelle et juvénile donne corps à un jeune dandy qui ne pourra échapper à sa passion pour Asia Argento. L’acteur, d’origine kabyle, s’impose dès lors comme un visage à part avec lequel il faudra compter.
Guillaume Depardieu : le fils prodigue (36 ans) 
Comme sa sœur Julie, il fait ses débuts aux côtés de son père, dans Tous les matins du monded’Alain Corneau, en 1991. Son rôle comique et pathétique de jeune adulte immature dans Les Apprentisde Pierre Salvadori, avec François Cluzet, lui fait remporter, en 1995, le César du meilleur espoir masculin. Écorché vif, il choisit des personnages forts (Pola Xde Léos Carax), sans refuser par ailleurs quelques comédies. Rebelle, il traverse des années difficiles et des expériences extrêmes (une infection contractée à l’hôpital le conduira à l’amputation d’une jambe). Il est revenu au cinéma en 2007, fort d’une maturité et d’une densité nouvelles, et a été acclamé pour son rôle de général napoléonien épris d’une coquette (interprétée par Jeanne Balibar) dans Ne touchez pas à la hachede Jacques Rivette, adapté d’une nouvelle de Balzac. Il incarnera bientôt le poète Arthur Rimbaud dans Les Jours fragilesde François Dupeyron (le réalisateur de La Chambre des officiers).
Gad Elmaleh : l’homme orchestre (36 ans)
Depuis plus de dix ans, ce Marocain d’origine parti étudier à Montréal, avant de suivre des cours de théâtre à Paris enchaîne les spectacles comiques seul en scène,mais il aura fallu du temps à Gad Elmaleh pour se faire un nom au cinéma, opportunité que lui offrira, en 2001, l’un des plus grands succès du box-office français, La vérité si je mens 2. En 2003, Chouchou, personnage de travesti romantique tiré de l’un de ses sketchs, fait exploser sa cote. Drôle et sincère, charmeur et gaffeur, il a tenu, en 2006, la vedette, avec Audrey Tautou, d’Hors de prix de Pierre Salvadori. Il a récemment tourné Les Enfants du terrain vaguede Marco Carmel.
Kad Merad : comique et sensible (43 ans) 
Passé par le théâtre classique, le rock, la radio et la télévision, Kad Merad, comique décomplexé et acteur sans prétentions, a profité du succès des Choristes en 2004, qui lui a offert son premier grand rôle. Depuis, il enchaîne les comédies parodiques comme Un ticket pour l’espace (2006) et les drames tel Je vais bien, ne t’en fais pas, pour lequel il a obtenu, en 2006, le César du meilleur second rôle. Il sera bientôt aux côtés de Clovis Cornillac dans Faubourg 36, le nouveau film du réalisateur des Choristes, Christophe Barratier, et dans Mes stars et moide Laetitia Colombani, avec Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart. et récemment avec le film » bienvenue chez les ch’ti » avec Dany Boon
Pierre Langlais
Journaliste